×
                    
                

COALITION POUR LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS VIVANT DANS LES CAMPS DE RÉFUGIÉS (CDH/VICAR)

                      
                  
Déclaration 04 CDH VICAR 2026 de préoccupation concernant la Conférence régionale sur les solutions durables pour les réfugiés burundais
  • La Coalition pour la Défense des Droits Humains Vivant dans les Camps de Réfugiés a publié une déclaration officielle exprimant sa vive préoccupation à l’approche de la Conférence régionale sur les solutions durables pour les réfugiés burundais prévue du 16 au 19 mars 2026 à Nairobi. Cette conférence régionale vise à discuter des solutions durables pour les réfugiés burundais vivant dans différents pays d’accueil de la région. Selon les informations disponibles, la rencontre devrait rassembler des ministres de l’Intérieur, des autorités gouvernementales responsables des questions liées aux réfugiés, ainsi que des représentants d’organisations internationales.

    Parmi les institutions attendues figure notamment le United Nations High Commissioner for Refugees, qui joue un rôle central dans la protection internationale des réfugiés. La conférence prévoit également la participation de certains représentants des communautés de réfugiés burundais établies dans plusieurs pays de la région. Toutefois, CDH VICAR estime que le processus de consultation entourant cette rencontre soulève plusieurs préoccupations importantes.

    En effet, plusieurs leaders et représentants légitimes des réfugiés burundais, y compris ceux vivant au Kenya, n’auraient pas été invités à participer à cette réunion. Parallèlement, certaines personnes réputées proches des autorités du Burundi auraient reçu des invitations alors qu’elles ne représentent pas réellement les communautés de réfugiés et ne sont pas reconnues comme leaders par ces dernières.

    Cette situation soulève de sérieuses interrogations quant à la représentativité et à la crédibilité du processus de consultation. Les principes internationaux de protection des réfugiés insistent pourtant sur l’importance d’une participation inclusive et significative des réfugiés dans toutes les décisions qui concernent directement leur avenir et leurs conditions de vie.

    CDH VICAR rappelle que toute discussion relative aux solutions durables pour les réfugiés burundais, notamment en matière de rapatriement, doit respecter strictement les principes fondamentaux du droit international des réfugiés. Ces principes incluent notamment le caractère strictement volontaire du retour, la garantie que tout rapatriement se fasse dans des conditions sûres et dignes, et l’assurance que la décision de retour repose sur un choix libre et éclairé des réfugiés.

    L’organisation exprime également sa préoccupation face aux pressions directes ou indirectes pouvant conduire certains réfugiés à rentrer dans leur pays d’origine. Des situations récemment observées dans des camps de réfugiés en Tanzania, notamment la démolition d’habitations et la fermeture d’écoles, ont contribué à accentuer ces inquiétudes parmi les populations réfugiées.

    Dans le contexte actuel marqué par des préoccupations persistantes concernant la sécurité et la situation des droits humains au Burundi, toute initiative visant à accélérer le rapatriement sans garanties suffisantes pourrait exposer les réfugiés à de nouveaux risques. Plusieurs réfugiés burundais précédemment rapatriés ont d’ailleurs repris le chemin de l’exil et se trouvent aujourd’hui dans des pays voisins tels que Uganda, Rwanda et le Kenya.

    Face à ces réalités, CDH VICAR souligne qu’une solution durable à la crise des réfugiés burundais ne peut être envisagée sans un règlement politique inclusif et durable au Burundi. L’organisation rappelle l’importance d’un dialogue inter burundais crédible capable de s’attaquer aux causes profondes de l’exil. Elle appelle enfin les gouvernements de la région, les organisateurs de la conférence et la communauté internationale à garantir le respect du principe de non refoulement, à assurer la participation effective des réfugiés aux discussions et à placer leurs droits, leur sécurité et leur dignité au centre de toute décision concernant leur avenir.

    Fait le 13 mars 2026